Cardioppathie congenitale

Cardiopathie congénitale

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Les cardiopathies congénitales (maladie bleue) sont des malformations du cœur survenant au cours de sa formation, pendant la vie intra-utérine.

Le terme "congénital" (littéralement "né avec") est à distinguer du qualificatif "héréditaire" ("ce dont on hérite", ce qui est transmis par les ascendants). Une malformation congénitale, en particulier cardiaque, n'est pas obligatoirement héréditaire et peut correspondre à un accident isolé et qui ne se reproduira pas.

Elles sont extrêmement diverses, allant de la simple anomalie bénigne permettant la croissance de l'enfant sans aucun problème, jusqu'à la malformation grave, incompatible avec la survie du nouveau-né.

Elles sont également de complexités diverses, rendant une évaluation obligatoire en milieu spécialisé.

Cœur normal

Jusqu'à quatorze fœtus sur mille sont porteurs d’une malformation cardiaque, faisant de ces dernières les malformations les plus fréquentes de l'enfant[1].
Le dépistage des cardiopathies congénitales est donc un objectif majeur de l'échographie morphologique du fœtus.
Le diagnostic permettra de faire des examens complémentaires, comme une amniocentèse pour la recherche d'une trisomie 21 ou une microdélétion 22q11.

Dans certains cas, on pourra proposer aux parents une interruption médicale de grossesse en cas de malformation incompatible avec la vie. La présence de certaines cardiopathies nécessite l'accouchement de la mère dans une maternité de niveau III pour une prise en charge optimale du nouveau-né.

Les malformations cardiaques les plus fréquentes sont la communication inter-ventriculaire, la communication inter-auriculaire et la persistance du canal artériel. La communication inter-auriculaire par le foramen ovale et le passage par le canal artériel sont des éléments normaux de la circulation cardiaque du fœtus, mais qui disparaissent chez le nouveau-né normal.

Sommaire

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Épidémiologie [modifier]

  • Fréquence supérieure à 1 %
  • Si une mère a déjà accouché d’un enfant porteur d'une malformation cardiaque, le risque passe de 1 % à 5 % environ et il passe à 10 % si la mère a déjà accouché de deux enfants porteurs d'une malformation cardiaque
  • Une mère porteuse d'une malformation cardiaque a un risque augmenté de mettre au monde un enfant porteur d'une malformation cardiaque
  • Dans les syndromes d’origine génétique ayant une malformation cardiaque comme caractéristique, le risque de récurrence dépend du mode de transmission génétique de ce syndrome.
  • Récemment, l'évaluation du risque de la trisomie 21 par mesure de la clarté nucale a permis de mettre en évidence que 10 % des embryons porteurs d'une clarté nucale anormale avec un caryotype normal ont une cardiopathie

Causes [modifier]

Malformations cardiaques et anomalies chromosomiques [modifier]

Les malformations souvent associées à une anomalie chromosomique

Les malformations rarement associées à une anomalie chromosomique

Fréquence des malformations cardiaques en fonction du type d'anomalie chromosomique

Type de malformation cardiaque en fonction du type d'anomalie chromosomique

Malformations cardiaques et anomalies génétiques [modifier]

  • Environ 5 % des malformations cardiaques sont en rapport avec une anomalie génétique. Près de 200 syndromes ont dans leur description une cardiopathie. La recherche sur Online Mendelian Inheritance in Man [1], site de référence sur les maladies génétiques retrouve 209 syndromes avec comme mot clé cardiopathies congénitales (congenital heart defect)

Malformations cardiaques et maladies maternelles [modifier]

Malformations cardiaques et infection [modifier]

Malformations cardiaques et drogues [modifier]

Embryologie [modifier]

La formation du cœur commence 18 jours après la fécondation et se termine vers le 42 éme jour après la fécondation. Un des apports les plus intéressants de l'embryologie moderne est le fait que les cellules des crêtes neurales, à l'origine de la formation du cortex cérébral, migre dans le truncus arteriosus et le bulbis cordis, et participe aussi à la formation des gros vaisseaux cardiaques (artère pulmonaire et crosse de l'aorte).

Le tube cardiaque [modifier]

Tube cardiaque primitif
Courbure du tube cardiaque

Le tube cardiaque se forme par fusion de la partie interne du mésoblaste ou splanchnopleure puis se tube se renfle et forme des cavités alignées: oreillette primitive (atrium), le ventricule primitive (ventricle) et le truncus. Au niveau de l'oreillette primitive se trouve le sinus veineux et entre le truncus et le ventricule primitif, il existe un rétrécissement nommé conus (Dans le dessin à droite le troncus et le conus sont nommés bulbus cordis).

A 21 jours le tube se courbe avec le truncus et le conus en haut et le sinus veineux en bas: les battements cardiaques apparaissent et la circulation commence; il existe déjà une différenciation cellulaire en endocarde, myocarde et péricarde. Le tube cardiaque est entourée du mésocarde dans lequel des phénomènes d'apoptose apparaissent dans la partie postérieure du mésocarde aboutissant à la plicature du tube cardiaque au niveau du ventricule primitive avec majoration de la courbure et ascension relative du sinus veineux.

Cette courbure aboutit aussi à placer les futures valves auriculo-ventriculaires dans le même plan transversal.

La division des cavités cardiaques [modifier]

La division de l'oreillette primitive et du ventricule primitive commence à 28 jours.

Division de l'oreillette primitive [modifier]

Au niveau de la partie postéro-supérieure de l'oreillete primitive apparaît un épaississement ou bourgeon qui s'étend vers le bas et l'avant formant le septum primum. Une partie de ce septum primum se développe plus lentement laissant persister un orifice: c'est l'ostium primum puis celui se comble et apparaît secondairement dans le septum primum une deuxième ouverture, remplaçant l'ostium primum qui se ferme, ou ostium secundum. L'oreillette primitive est maintenant divisée en oreillette gauche et droite.

Dans l'oreillette droite se forme une seconde cloison beaucoup plus épaisse que la première c'est le septum secundum dans lequel se trouve un orifice, le foramen ovale qui est situé à l'extrémité inferieur de l'ostium secundum.

Le cloison inter-auriculaire est donc formée à ce moment de deux parties: le septum primum, cloison très fine et le septum secundum musculaire et épais. Le sang passe de l'oreillette droite dans l'oreillette gauche par le foramen ovale du septum secundum puis l'ostium secundum du septum primum; l'ensemble formant le canal de Botal qui a une forme en marche d'escalier du fait du non alignement des orifices.

Lors de la contraction des oreillettes, le sang passe par le canal de Botal de l'oreillette droite vers l'oreilette gauche en repoussant le septum primum formant une véritable valve; c'est la valve de Vieussens.

Dans le même temps de la division des oreillettes la séparation des oreillettes et des ventricules s'opère.

Séparation des oreillettes et des ventricules [modifier]

Division du ventricule primitive [modifier]

Moyen de dépistage et de diagnostic [modifier]

Anténatal [modifier]

Dépistage au cours de l'échographie morphologique [modifier]

Seule la recherche systématique soigneuse au cours de l'échographie morphologique, avec ou sans signe d'appel, peut permettre le dépistage des cardiopathies congénitales.
Après localisation du dos et de la tête du fœtus, on localise le côté gauche du fœtus, et l'échographie de dépistage des cardiopathies congénitales peut commencer.

  • Localisation du cœur en position intra thoracique
  • Position du cœur à gauche dans le thorax
  • Orientation ou cardie de la pointe du cœur vers la gauche
  • Recherche des vaisseaux abdominaux (aorte et veine cave inférieure)
  • Identification et évaluation des ventricules et des oreillettes
  • Compte des vaisseaux sortant du cœur et identification de ces vaisseaux
  • Étude de la crosse de l'aorte
  • Recherche d'un retour veineux pulmonaire dans l'oreillette gauche par le doppler à codage couleur


Toute anomalie cardiaque fœtale doit faire chercher d'autres anomalies morphologiques associées, pouvant faire partie d'un syndrome.

Toute anomalie cardiaque ou suspicion d'anomalie cardiaque doit être confirmée et évaluée par un cardiopédiatre qui permettra

  • de confirmer ou d'infirmer le diagnostic
  • d'évaluer le pronostic (évolution spontanée) et les possibilités de traitement de la maladie.
Article détaillé : Échocardiographie fœtale.
Dépistage des cardiopathies congénitales graves [modifier]

Le tableau ci dessous montre le taux de détection des cardiopathies congénitales graves sans une étude effectuée chez 30 149 fœtus correspondants au suivi de grossesse de février 1991 à décembre 2001 en Norvège à Trondheim avec suivi sur plusieurs années des enfants nés[2]: Une malformation congénitale grave est une malformation impérativement nécessitant une intervention chirurgicale rapide. Une malformation cardiaque est dite complexe s'il existe une malformation impliquant un autre organe.

Pathologie Nombre Fréquence de cette pathologie Taux de détection Taux de non détection Note
Canal atrio-ventriculaire 21 21% 71% 29% Dont 4 complexes
Transposition des gros vaisseaux 17 12% 67% 33% Dont 7 complexes et 3 corrigées
Hypoplasie du cœur gauche 10 11% 60% 40% Dont 2 complexes
Coarctation de l'aorte 9 11% 60% 40%
Communication interventriculaire 9 9% 33% 67%
Tétralogie de Fallot 7 7% 43% 57%
Sténose pulmonaire 4 4% 25% 75%
Atrésie pulmonaire 3 3% 100% 0%
Communication inter auriculaire de type primaire 3 3% 33% 67%
Ventricule unique 3 3% 100% 0%
Ventricule droit à double sortie 3 3% 67% 33%
Retour veineux pulmonaire anormal total 2 2% 0% 100%
Atrésie de la tricuspide 2 2% 50% 50%
Tronc artériel commun 1 1% 100% 0%
Sténose de l'aorte 1 1% 100% 0%
Atrésie de la mitrale 1 1% 100% 0%
Anomalie d'Ebstein 1 1% 100% 0%






TOTAL 97 100% 57% 43%
Dépistage des cardiopathies congénitales non graves [modifier]

Postnatal [modifier]

La cardiopathie est soupçonnée par la présence d'un souffle à l'auscultation cardiaque, d'une cyanose, d'une coloration bleutée de la peau. Mais près du quart des cardiopathies congénitales ne sont diagnostiqués qu'après la sortie du nouveau-né de la maternité[3].

Classifications [modifier]

Plusieurs classifications sont utilisées pour classer les différentes cardiopathies:

  • Classification anatomique aussi appelée segmentaire.
  • Classification selon le retentissement physiologique: Les non cyanogènes et les cyanogènes.
  • La plus récente est une classification se basant sur les progrès des mécanismes embryologiques de la formation des cardiopathies.

Classification anatomique [modifier]

Mise au point en 1964 par Stella Van Praagh cette classification permet de décrire toutes les cardiopathies congénitales à l'aide d'un système de lettre. Elle prend en compte le

  • le situs auriculaire c’est-à-dire la position de l'oreillette droite dans le thorax si l'oreillette droite est à droite on emploie la lettre D à gauche la lettre L et en position indéterminèe la lettre I
  • la coubure de la boucle ventriculaire la courbe est dite D pour la courbe droite de la boucle ventriculaire positionnant le ventricule droit à droite du ventricule gauche. La courbe est dite L pour la courbe gauche de la boucle ventriculaire positionnant le ventricule droit à gauche du ventricule gauche
  • la position des gros vaisseaux (aorte et artère pulmonaire) soit
    • Normo posés Solitus : l'aorte est en arrière et à droite par rapport à l'artère pulmonaire ou Inversus
    • Mal posés avec emploie de la lettre D si la valve aortique est en avant et à droite par rapport à la valve pulmonaire, emploie de la lettre L si la valve aortique est en avant et à gauche par rapport à la valve pulmonaire et emploie de la lettre A ou antéro posé la valve de l'aorte est en avant par rapport à la valve pulmonaire

Classification physiologique [modifier]

Les cardiopathies cyanogènes sont des malformations cardiaques où il y a un mélange de sang non oxygéné (bleu) avec du sang oxygéné (rouge). Une coloration bleue-violacée de la face, des lèvres et des ongles apparaît, surtout lors de pleurs, due à une oxygénation insuffisante du sang d'où le nom de « maladie bleue ».

Par définition, elles nécessitent une communication entre le cœur droit et le cœur gauche. Or le régime de pression fait que, dans ce cas, le sang va du cœur gauche vers le cœur droit (pressions gauches supérieures aux pressions droites). Pour inverser le shunt, il faut inverser le gradient de pression, et par conséquent, augmenter celles des cavités droites. Le mécanisme le plus fréquent est un obstacle sur la voie d'éjection droite. Les cardiopathies cyanogènes sont donc plus complexes, associant au minimum une communication entre le cœur droit et le cœur gauche, et un obstacle à l'éjection sur le cœur droit.

Les cardiopathies non cyanogènes sont les malformations cardiaques dues à un shunt gauche-droit, c'est-à-dire du sang oxygéné (rouge) qui se mélange à du sang non oxygéné (bleu) (communication entre le cœur droit et le cœur gauche) ou des malformations dues à un obstacle dans le cœur ou sur un gros vaisseau (artère pulmonaire, aorte).

Classification physiologique
Cardiopathies cyanogènes
Tétralogie de Fallot
Sténose et atrésie pulmonaire
Transposition des gros vaisseaux
Maladie d'Ebstein
Atrésie tricuspide
Oreillette unique
Ventricule unique
Retour veineux anormal total ou partiel
Tronc artériel commun
Cœur‎ univentriculaire
 
Cardiopathies non cyanogènes

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